Là d’où je viens, les jeunes n’ont pas croqué la pomme,
Ils ont abattus l’arbre et la meuf qui était à côté,
D’ailleurs ils ont aussi descendu le serpent perché,
Car là d’où je viens c’est ça être un homme.
Quand on parle du mal aise de la jeunesse,
On se trompe, ce n’est pas un mal aise mais un coma,
Dans la cité, on nait et on vit de justesse,
Un handicape flagrant, on nait et on vit avec ce trauma.
J’ai quitté ce milieu il y a des années déjà,
Et pour parler un peu de moi, j’en suis fier,
Les jeunes d’aujourd’hui ne jouent plus à Zelda,
Ils ont le foulard, les casses et les bras-de-fer.
J’ai appris à devenir gentil homme, aimable et poli,
Mais j’ai des racines au regard noir, aux mâchoires serrées,
Si on me pousse, je tombe et je tue, j’ai des racines pourries,
On m’a greffé un cœur d’artichaut dans un corps lacéré.
Là d’où je viens, on deal la mort en gramme,
Tout le monde paye la faucheuse dans une cave,
Un gosse qui attire les coups n’est pas un drame,
Ce n’est qu’un début dans ce monde de bédave.
Une main de velours dans un gant de fer, c’est un jeune,
Le preux chevalier gare sa merco devant le batiment C,
Une princesse sort du hall sous les sifflements, le seum,
Ciel gris, ils pavanent entre les pigeons et l’opiacé.
Quand des moutons se font chier dans des hectares de verdure,
Nos jeunes sont entassés dans des montagnes d’ordures,
Sure que si c’était l’inverse, le mouton aussi mettrait le feu aux voitures,
Alors ne parlez pas de voyons irrécupérables dans vos villas bien sûres.